Rencontres contemporaines

Ressemblances et différences

Nous sommes invités à être les témoins privilégiés de la rencontre d’un danseur occidental et de danseurs africains.

Cette rencontre aura lieu du 20 septembre au 2 octobre 2011, à l’occasion de la huitième édition de « i’Trôtra », festival de danse contemporaine de Tananarive. Claude Magne, danseur et chorégraphe de la compagnie Robinson, fut invité à y participer par Gaby Saranouffi, chorégraphe de la compagnie malgache Vahinala et directrice artistique du festival.

Nous suivrons Claude, tout au long de son séjour au sein de la capitale malgache : dans les ateliers professionnels et au cours des spectacles publics où il se produit dans son solo Ceci n’est pas un homme blanc.

Le titre du film est emprunté au nom du festival « i’Trôtra », qui signifie « se rencontrer… » en Betsimisaraka, dialecte de l’est de Madagascar.

Une caméra subjective, placée au cœur des coulisses de cet évènement consacré à la danse contemporaine, est le témoin privilégié des échanges entre chorégraphies africaines et occidentales, mettant en lumière les ressemblances et les différences de ces deux cultures.


Claude Magne

Claude découvre la danse à l’âge de 20 ans pendant sa formation d’éducateur spécialisé parallèlement à une pratique de l’aïkido...

A 21 ans il décide de partir seul pour un voyage d’un an en Amérique du Sud où il rencontre les indiens d’Amazonie et des hauts-plateaux boliviens avec lesquels il s’initie aux danses rituelles et aux pratiques sacralisées de la transe et de l’extase.

Après ce parcours initiatique, il décide de rentrer en France et de se consacrer à la danse. Il suit les enseignements de Sylvie Tarraube, Hideyuki Yano, Jacques Patarozzi, Jean Cébron et Lucas Hoving puis il partage la vie de la Compagnie Epiphane pendant 7 ans et complète sa formation auprès de Jean Masse et Jacques Garros à Bordeaux.

En 1988, il s’associe à Anne Maurin pour fonder la compagnie Robinson.

Il collabore depuis de nombreuses années avec l’université Bordeaux 3 où il est chargé de cours en chorégraphie et en technique fondamentale pour la licence théâtre à l’UFR Arts et Spectacles. Il intervient également comme artiste associé avec la compagnie interuniversitaire de danse.

Sa recherche sur le mouvement est, depuis l’origine, fortement influencée par ses collaborations avec des compositeurs de musique, des plasticiens, des compagnies théâtrales. La danse de Claude Magne explore les paysages intérieurs de l’être humain, la mémoire, les émotions, l’impermanence...

« Pour moi, la danse explore de manière immédiate, la relation primordiale de l'homme avec la Nature entière. Elle est l'expression directe, parfois brutale du souffle universel qui traverse tous les êtres vivants. Elle témoigne de l'origine commune, de la non-séparation des espèces et de l'interdépendance.
Cette expérience du mouvement conduit l'homme à se reconnaître humain, et plus qu'humain dans l'impermanence des forces qui le possèdent et des rituels qu'il s'efforce d'élaborer.
Eveillée par cette conscience, la danse interroge alors avec légèreté mais d'un regard acéré les constructions éphémères de notre société, les rapports et les liens qui se tissent entre nous Tous.
Créer un spectacle est la tentative, toujours aventureuse, de mettre en forme et de coordonner un ensemble vibratoire de sons, de mouvements, de paroles, de lumières et de volumes concrets.
Je cherche à interroger le regard que le spectateur porte sur son existence, la cohérence et la pertinence de ses perceptions, de ses associations.
Entre abandon et mise en forme, cette errance continuelle m'encourage à partager cette démarche avec des personnes différentes et à ouvrir avec elles les champs d'expérimentation les plus divers. »